La saint Nicolas
Lancement : aujourd’hui point de satire acerbe ou de critique acide de la société car c’est la saint Nicolas !
Chanson Saint Nicolas 1’06’’
Chaque 6 décembre c’est la même chose. Je suis tout joyeux, je mange du pain d’épices, je fredonne des comptines enfantines mais personne ne me comprend. Et oui pour ceux qui ne le savent pas je suis d’origine lorraine élevé au saint patron des écoliers et à son alter égo du coté obscur, le père fouettard. Petite mise à niveau pour ceux qui n’ont absolument aucune idée de qui je suis en train de parler.
Saint Nicolas vécu au IIIe siècle en Anatolie au Sud Est de la Turquie Actuelle. Il fut évêque de la ville de Myre et surtout (et c’est là que cela nous intéresse) bienfaiteur des enfants, des pauvres et des veuves. De nombreuses légendes lui sont attribuées qui en font le patron de confréries comme les marins par exemple. Mais le mythe le plus vivace, celui que racontent les comptines et les livres est l’épisode où il ressuscita trois enfants assassinés par un boucher dérangé. La punition pour l’assassin fut de suivre Saint Nicolas dans ses voyages, punissant les moins sages d’entre nous quand l’évêque récompensait les plus brillants.
C’est cette histoire que tous les jeunes de l’Est de la France, de l’Europe Centrale et Orientale apprennent par cœur, au point de pouvoir chanter la chanson 20 après sans en oublier un couplet. Car dès la maternelle (et notamment à Nancy, la ville en France où les célébrations sont les plus importantes) Saint-Nicolas vient rendre visite aux écoliers et, en échange d’une chanson leur donne cadeaux et friandises. Une tradition qui dure jusqu’à la fin de l’école primaire. On notera au passage la laïcité à condition variable qui s’applique à ces régions où les écoles célèbrent tous les ans des personnages issus de l’hagiographie chrétienne qui portent très ostensiblement des signes religieux comme par exemple une crosse et un habit épiscopal.
Mais ce n’est pas tout. Des défilés immenses sont organisés dans les villes, jusqu’à réunir plus de 100000 petits et grands chaque année à Nancy. Pendant longtemps et pour les plus vieux comme mes grands parents, cette fête était plus importante que Noel et son gros bonhomme rouge.
A vrai dire pour moi cette fête est un peu ma madeleine de Proust. Elle me rappelle cette ferveur de décembre, ces décorations qui illuminent les rues pendant que la maison se remplit d’odeurs de pain d’épice, marrons glacés, truffes, tuiles et autres délices que l’on mange à cette période. C’est également l’impatience de revoir sa famille et, le matin de la Saint Nicolas ou de Noel, d’ouvrir ses cadeaux à 7h du matin après une nuit à quasiment pas dormir. Oh et j’allais oublier le plus important de tout, et je suis sur que vous êtes très nombreux à me comprendre, cette hâte à chaque vacances d’allumer la télé, zapper sur la 6 et retrouver enfin notre valeureuse Fantagaro et sa caverne à la rose d’or.



